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26 mars 2008 |

Les experts récupérateurs

La plupart des récits d’anticipation qui envisagent les relations avec des intelligences extra-terrestres le font sur le mode guerrier, moral ou existentiel. La nouvelle série de Kristine Kathryn Rusch, Les experts récupérateurs, aborde ce thème sous un angle plus original : celui de la question juridique. Le premier volet, Les Disparus (traduit de l’américain par Élisabeth Vonarburg, Bragelonne, 2008, 348 p., 20 €), suit le parcours de Miles Flint, policier dans un dôme lunaire. Pour assurer la stabilité des relations commerciales avec les différentes espèces non-humaines, l’Alliance terrestre se plie aux lois des autochtones pour les crimes commis par des humains à leur endroit. Pour échapper à la vindicte extra-terrestre, les coupables (souvent par simple négligence et dans l’ignorance des modes de vie de leurs hôtes) n’ont qu’un recours : les agences de Disparition, qui, dans l’illégalité, leur offrent une nouvelle identité. Mais lorsqu’une de ces agences vend ses fichiers aux aliens, Flint voit affluer sur sa juridiction les cas de Disparus laissés à la merci des non-humains, dont les peines (rapts d’enfants, vendettas sanglantes ou travaux forcés), quoique légales, révoltent le policier et le plongent dans un dilemme entre la loi et une éthique séculaire mise à mal par le « galactiquement correct ». Espérons seulement que les prochains épisodes nuanceront l’impression quelque peu « aliénophobe » que laisse cet opus introductif, emprunt par ailleurs d’une grande sensibilité.

Ivan Kiriow

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Commentaires

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Je me permets de préciser mon propos : l'impression que j'évoque tient à ce que, sans être vraiment hostiles, tous les ET qui interviennent dans ce livre sont inquiétants ou menaçants. Les humains ont l'air de "marcher sur des œufs" avec eux, et d'accepter leurs législations à contrecœur. On est toutefois loin de "La Guerre des mondes" ou de la paranoïa de la guerre froide. Et l'anti-humanisme qui ne sait voir dans les ET qu'un espoir de salut ne vaut guère mieux ! La question des principes éthiques (et de leur traduction juridique) chez différentes espèces douées de raison, de leur coexistence et de leur compatibilité, mérite quant à elle d'être posée, et, comme ici, mise en scène. Le vrai problème est alors celui de la communication, non pas tant linguistique qu'axiologique, justement : comment s'entendre lorsqu'on ne partage pas, ou qu'on ne comprend même pas, les valeurs de l'autre ? Mais ce livre ne présente pas les ET comme "méchants", et il n'affirme pas non plus que leurs bases éthiques sont forcément moins bonnes que les nôtres : la nuance et l'ambigüité demeurent. A suivre...

 

L'Homme est un sauvage apeuré, c'est clair. Les fées, il les a disséquées, les lutins, il a dû les bouffer. Même les ogres se sont enfuis des cabanes des forêts, apeurés.

Bienvenus sur Terre, chers ETs, voici nos grills, nos fours, nos machines à tuer, armes de destruction et autres jouets atomiques. Nous vous apprendrons nos coutumes. Elles sont assez primitives. Et probablement alienophobes, ne serait-ce que par précaution.

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