Le doux monstre de Bruxelles
Encore un week end de tous les dangers pour l’Union européenne et la zone euro. Les critiques contre l’Europe de Bruxelles se multiplient, certaines au nom de l’Europe elle-même et de l'idée démocratique dont elle a pu être porteuse dans le passé et qu’ignorent aujourd'hui les institutions communautaires. Le grand écrivain allemand Hans Magnus Enzensberger, auteur notamment de Hammerstein ou l’intransigeance chez Gallimard en 2010, signe chez le même éditeur un court essai dans lequel il souligne « le problème central de l’Union ». Ce problème, « on le désigne par un euphémisme, le "déficit démocratique" : il est considéré comme une maladie de carence, chronique et manifestement difficile à traiter, qu’à la fois l’on déplore et l’on minimise. Pourtant, cela n’a rien d’une énigme médicale, c’est bien plutôt une décision de principe parfaitement délibérée. Comme si les luttes constitutionnelles des XIXe et XXe siècles n’avaient jamais eu lieu, le conseil des ministres et la Commission se sont mis d’accord dès la fondation de la Communauté européenne pour que la population n’ait pas son mot à dire sur leurs décisions. [...] Ce déficit n’est donc rien de plus qu’une formulation distinguée pour dire la mise sous tutelle politique des citoyens ». Cette situation de dépendance est d'autant plus paradoxale que les Etats nationaux tentent, encore, de maintenir des processus démocratiques dans leurs Etats et leurs sociétés. Il est fort probable que les citoyens grecs manifestent aussi contre cette dépossession d’un bien politique.
Traduit par Bertrand Lortholary, Le doux monstre de Bruxelles ou l’Europe sous tutelle paraît en « hors série connaissance » le 27 octobre prochain (87 p., 7,50 €).
Vincent Duclert
Rédigé par : Fafnir | 27 octobre 2011 à 00:21
L'Union Européenne ressemble plus à un manège qu'à une structure cohérente comme par exemple une confédération.