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27 juillet 2012 |

Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens

Il n’existe pas de synthèse accessible sur l’histoire de la Tunisie contemporaine comme on en dispose pour l’Algérie (Benjamin Stora, dans la collection « Repères » de La Découverte), pour la Turquie (Hamit Bozarslan, dans la même collection), ou pour le Maroc (Pierre Vermeren, idem). Cette lacune, alors même que la Tunisie fut pionnière dans le mouvement du « printemps arabe », ne permet pas d’apprécier à sa juste gravité ce qui se déroule aujourd’hui dans les universités tunisiennes. Une pétition vient d’être diffusée en France et dans le monde afin d’alerter sur les menaces consérables pesant sur les libertés académiques. La voici (dans la version longue de la note).

Vincent Duclert 

« Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens »

 

Ce Manifeste, qui a été initié par Robert Zittoun, Professeur émérite à l'Université Paris 6, sera rendu public (journaux, remise à l'Ambassadeur de Tunisie, ....) au mois d’octobre, peu avant le procès de Habib Kazdaghli, prévu pour le 25 octobre 2012. Il commence à circuler en France, en Europe et ailleurs, parmi les universitaires, les artistes, les cinéastes, les écrivains,....

 

Pour adhérer à l'appel, il suffit d'envoyer un courriel à l’adresse e-mail du Professeur Robert Zittoun (robert.zittoun@club-internet.fr) en indiquant, votre : Nom, Prénom, Titre ou Fonction et Ville de Résidence, précédé de la Mention : « Je signe le Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens ».

 

Voici quelques précisions sur le contexte par Marouane Ben Miled, enseignant à l’Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis (http://www.enit.rnu.tn/), chercheur au Lamsin, associé au Ceperc, qui invite à signer le texte de solidarité ci-dessous. « Je ne sais pas si vous avez suivi les événements de la Faculté des lettres de la Manouba en Tunisie depuis la rentrée 2011-2012. Sitting violent, durant plusieurs mois, d'intégristes (dont la grande majorité n'est pas étudiante) qui ont insulté et menacé de mort des professeurs (notamment le doyen), parfois frappé; défoncé des portes de classes; empêché des cours de se tenir; tabassé très violemment des étudiants (notamment pendant dix minutes deux types baraqués se relaient pour donner des coups de pieds sur les parties génitales d'une jeune étudiante); mise à sac du bureau du doyen; remplacement du drapeau tunisien du fronton de l'établissement par un drapeau noir avec une inscription religieuse (drapeau faussement attribué au Prophète) etc. (Moins violent, d'autres événements du même type ont eu lieu dans d'autres établissements d'enseignement public). Le prétexte de tout cela était d'obliger l'administration et les professeurs à accepter que des étudiants puissent suivre cours et passer examens en étant voilés intégralement (on ne voit même pas les yeux). Refus du conseil d'administration et du doyen, qui acceptent néanmoins que l'on puisse circuler ainsi vêtu dans l'établissement mais pas pendant les cours. La complicité du gouvernement, avec ces actes, s'est exprimée par l'absence de réaction des forces de l'ordre malgré les appels du doyen et du conseil d'administration; les prises de positions de plusieurs ministres, dont le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, qui ont affirmé systématiquement que la responsabilité des évènements revenait au doyen et aux enseignants-chercheurs etc. Ajoutons à cela que deux fils de ministres, dont celui de l'enseignement supérieur, étaient parmi les intégristes qui occupaient les lieux. Tout cela dans un contexte où l'enseignement public est remis en cause depuis la maternelle; des écoles religieuses sont créées dans tout le pays; la mosquée zitouna, vidée des théologiens et savants traditionnels par la force et remplacé par un illettré intégriste, ne se contente pas de redevenir un lieu d'enseignement, mais demande également les locaux de plusieurs établissements supérieurs. Tout cela en dehors de tout cadre légal. Aujourd'hui le Doyen de la Faculté de Lettres de la Manouba est traduit en justice au prétexte d'avoir agressé une étudiante, ce qu'il nie. Il n'y a aucun témoin de cette prétendue agression. Le Doyen risque une lourde peine de prison. »

 

Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens

 

Universitaires, intellectuels, professionnels des sciences, des arts et des lettres, nous soutenons les intellectuels tunisiens engagés dans la défense des libertés universitaires de leur pays. Nous partageons leur inquiétude, et sommes préoccupés par les pressions, provocations, et intimidations qui s’exercent à l’encontre d’universitaires dans l’exercice de leurs fonctions, et d’artistes exposant leurs œuvres. Nous avons été consternés d’apprendre que le Professeur Habib Kazdaghli, Doyen de la Faculté des Arts, des Lettres, et des Humanités de l’Université de Tunis-Manouba, est poursuivi devant les tribunaux et menacé d’une lourde peine de prison. Il est accusé d’avoir agressé une étudiante, alors que c’est lui qui a été victime d’agressions violant toutes les normes de conduite à l’égard d’un Professeur et d’un Doyen d’Université, avec des voies de fait confirmées par les nombreux témoignages qui nous sont parvenus. Nous exprimons notre pleine solidarité avec tous les universitaires, intellectuels et artistes qui défendent avec force et courage les valeurs des sciences, des humanités, et des arts. La liberté d’enseignement, de recherche et de création est une condition nécessaire à une vie universitaire et artistique dégagée de toute pression politique ou idéologique, et constitue une valeur universellement reconnue. Cette liberté est nécessaire au développement et au progrès de la société tunisienne, auxquels elle aspire pacifiquement.

 

Premiers Signataires : Jean-Michel Baleyte, Professeur, Psychiatrie de l’enfant, Caen

Patrick Baudry, Sociologue, Professeur des Universités, Bordeaux 3

Sadek Beloucif, Médecin, Professeur Université Paris 13

Philippe Bouchard, Professeur d’endocrinologie, Hôpital Saint-Antoine, Paris

Danièle Brun, Psychanalyste, Professeur émérite de l'Université Paris-Diderot

Claude-Arnold Boccara, Dentiste Paris

René Bokobza, Ingénieur civil Paris

Renato Bensasson, Chercheur CNRS-MNHN, honoraire

Jean-Yves Cahn, Professeur, Clinique Universitaire d'Hématologie, CHU Grenoble

Joel Ceccaldi, Hématologue des Hôpitaux

Christiane Charmasson, Psychiatre-psychanalyste

Geneviève Delzant, Professeur de Médecine Interne, Paris

Patrick Donabédian, Professeur à l’Université d’Aix-Marseille

Josué Feingold, Directeur de Recherche émerite Inserm

Nicole Feingold, Chercheur de recherche Honoraire Inserm

Arlette Fellous, Chercheur émerite, Inserm

Marc Fellous, Professeur émérite, Hopital Cochin, Paris

Eric Fiat, Philosophe, Université Paris-Est Marne-la-Vallée

Sonia Gallico, Historienne, Rome, Italie

Michel Geoffroy, Médecin, philosophe

Roland Gori, Professeur émérite Université d'Aix Marseille, psychanalyste

Corinne Haioun, Hématologue, Professeur faculté de médecine de Créteil

Françoise Héritier, Anthropologue, Professeur Honoraire au Collège de France

Norbert Ifrah, Président de la 47ème section du Conseil National Universitaire

Albert Jacquard, Généticien, écrivain

Axel Kahn, Généticien, Président honoraire de l’Université René-Descartes

Malek Kamoun, MD, Professeur de pathologie, Philadelphie, USA

Gabriel Laury, Psychiatre, New-York

Dominique Lecourt, Philosophe, Professeur émérite à l’Université Paris Diderot

Violette Lefi, Avocate, Maire adjointe chargée de la culture, Paris 12

David Machover, Professeur de Cancérologie, Hôpital Paul-Brousse, Villejuif

Daniel Martin, Consul Honoraire de la République de Vanuatu en France

Bernard Noël, Écrivain

Benoit Polack, Hématologue, Professeur au CHU de Grenoble

Henri Rochant, Professeur émérite de la faculté de médecine de Créteil

Simon Schraub, Cancérologue, Professeur émérite Université de Strasbourg

Claude Seys, Psychologue clinicienne, Fréjus

Didier Sicard, Président honoraire du Comité Consultatif National d’Éthique

Jean-Jacques Sotto, Professeur émérite d’Hématologie, CHU de Grenoble

Jean-Claude Soufir, Médecin, hôpital Cochin, Paris

Salvatore Spezial, Dipartimento Storia Culture e Religioni, La Sapienza, Roma, Italie

Gérard Socié, Médecin, Président de la Société Française d’Hématologie

Françoise Valensi, Maître de Conférences-Praticien Hospitalier, retraitée

Lucia Valenzi, Historienne, Université de Naples Federico II

Robert Zittoun , Hématologue, Professeur émérite Université Paris 6

Yasmine Zuily, Professeur émérite, Université Paris-Est, Créteil …………………………………………………………………………………………

 

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Commentaires

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SAUVONS LE DOYEN KAZDAGHLI...

 

il faut sauver les enseignants dignes et devoiler les mensonges des extremistes islamistes

 

vive la democratie et vive la justice

 

sauvons la democratie et luttons contre les salafistes txtremistes

 

sauvons les enseignants et la souverante des universites ..a bas l extremisme islamiste sous toutes ses formes..

 

Je salue le courage et la détermination de cet homme devant l'obscurantisme.

 

Solidarité et soutien avec Monsieur Habib

 

Totale solidarité à Mr le doyen

 

Totale solidarité à Mr le doyen

 

Avec si Habib. C'est un héros

 

Ayant eu la chance de faire connaissance avec le Pr KAZDAGHLI en juin dernier à Tunis, j'en ai apprécié toute l'ouverture intellectuelle et humaine, mais aussi le courage et la détermination.

 

J'ai bien suivi l'histoire de du malheureux professeur Kazdaghli. Il a mon solide soutien dans sa cause et aussi dans sa lutte contre l'obscurantisme religieux.

 

http://malikabenarabattou.wordpress.com/2012/07/03/soutien-au-doyen-de-la-faculte-de-la-manouba/

J'apporte mon soutien fraternel à Monsieur Kazdaghli.
MBA
Députée au Parlement Européen

 

Tout mon soutien à mon collègue et ami Habib Kazdaghli, ainsi qu'à une Tunisie libre et moderne.

 

solidarité complete avec notre collegue!!!

 


Que tous les chercheurs et universites des pays du Maghreb s'organisent pour mener une résistance à la mesure de ces atteintes portées aux libertés fondamentales

 

Amitiés et Respect .
Longue vie à la Nouvelle Démocratie Tunisienne.

 

pleine et totale solidarite avec Si Habib Kazdeghli

 

C'est scandaleux:le combat des Lumières contre l'obscurantisme.
Mon soutien total à Habib kazdaghli

 

Tout mon soutien et ma solidarité avec ce doyen courageux défenseur de la liberté académique.

 

Solidarité totale avec le professeur Habib Kazdaghli !!

 

Solidarité totale avec le professeur Habib Kazdaghli !!

 

continuellement solidaire avec toute voix libre et qui lutte contre l'intrusion de l'extrémisme à notre université
tous avec vous monsieur Habib

 

Entière solidarité avec Mr le doyen;ce sera le grand test pour savoir si la justice tunisienne est indépendante ou pas

 

Totale solidarité et soutien avec Si Habib

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