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juillet 2009

31 juillet 2009

Parution du Dossier de La Recherche. La mer en une

POLE SUD Il y a cent ans, le commandant Jean-Baptiste Charcot et son équipage du Pourquoi pas? passaient l'hiver austral sur les côtes de l'Antarctique. Ils étaient partis du Havre le 15 août 1908. Après des escales au Brésil, en Argentine, au Chili et à l'île de la Déception, qui abritait des compagnies baleinières, il avait entamé son expédition proprement dit le 25 décembre. A leur programme, relevé des côtes et de leur géologie, hydrographie, mais aussi observations du champ de gravité terrestre, observations astronomiques (une éclipse!), sismologie, météorologie, zoologie, botanique, etc. Il ne rentrèrent en France qu'en juin 1910.

En 1991,les éditions « L'esprit du temps » ont eu la bonne idée de rééditer trois textes écrits par Charcot à propos de cette expédition. Deux d'entre eux constituent une sorte de programme de travail, et le troisième un compte-rendu de ce qui a réellement été réalisé. L'ouvrage, intitulé Pôle Sud, propose aussi un texte écrit tout exprès par Jean-Louis Etienne, alors explorateur terrestre de la banquise Arctique et du continent Antarctique, et aujourd'hui directeur de l'Institut océanographique

Grâce à ce livre, et à Frédérique Rémy, qui contribue aussi à ce blog, le Dossier de La Recherche consacré à la mer qui sort ce 30 juillet rend hommage au Commandant Charcot en publiant à nouveau des extraits de ses textes sur l'Antarctique. J'ai acheté mon exemplaire sur Amazon, car l'éditeur ne semble en avoir en réserve. Peut-être en fera-t-il prochainement une réimpression?

Luc Allemand, La Recherche

30 juillet 2009

Evolution mouvementée

Blog rollin En cette année de multiples anniversaires darwiniens, comment éviter de lire La Bible de Darwin (par James Rollin, Fleuve Noir, 2009) ? L'éditeur français a eu la bonne idée de ne pas traduire le titre original « Black Order », allusion aux Waffen SS. Le prologue du livre commence pourtant bien en 1945, avec l'évacuation des résultats d'un laboratoire secret par une section SS. Mais très vite, c'est de nos jours, à Copenhague, qu'un agent secret américain tente de comprendre pourquoi une Bible ayant appartenu à Darwin suscite tant de convoitises meurtrières. Pendant ce temps, l'un de ses collègues de la Force Sigma, sorte d'équipe de James Bond (mais américains) spécialisés en affaires scientifiques, tente de survivre à un massacre perpétré dans un monastère. Avec l'aide de leurs collègues, ils retrouveront les nazis et leurs descendants, qui regretteront amèrement de s'être frottés à eux. L'explication finale, en Afrique du Sud, sera sans pitié.

Sachant que la Force Sigma fait l'objet d'une série de romans, on peut se détendre. On suit les péripéties, qui ne manquent pas, sans se demander si les héros survivront : il s'agit seulement de savoir comment ils y parviendront. Et comme l'auteur a bon fond, les seuls morts de l'affaire sont soit des méchants (très méchants), soit des gentils auxquels il n'a pas la cruauté de nous laisser nous attacher. C'est efficace, et on passe un bon moment.

L'aspect scientifique, qui motive toute l'affaire est plus contestable. D'autant que l'auteur nous gratifie d'une note d'explication finale qui ne contient que des rumeurs sans fondement. Selon lui, les nazis auraient conduit des expériences secrètes destinées à mettre au point des armes utilisant la mécanique quantique. Et d'opposer au cours du livre, l'arme atomique, issue de la théorie de la relativité, qui aurait été méprisée par les nazis parce que « théorie juive », à d'hypothétiques « armes quantiques », issues d'une théorie plus aryenne. C'est bien mal connaître l'histoire des sciences, et en particulier le rôle déterminant d'Einstein aussi dans l'élaboration de la théorie quantique. Par ailleurs, si les nazis avaient une quelconque avance scientifique sur les Etats-Unis, c'était tout au plus dans le domaine des fusées, comme l'actualité récente nous l'a rappelé (les Américains doivent en partie leur succès lunaire à Werner von Braun, concepteur des V1 et V2).

Il y a bien un passage scientifique acceptable, page 345 et suivantes, avec un cours express de mécanique quantique. Cela commence plutôt bien, par l'explication de l'expérience des fentes d'Young avec des électrons https://www.lac.u-psud.fr/experiences-optique/interferences/young/fr-young.html (qui ne forment une figure d'interférence que si l'on ignore par quelle fente ils sont passés). Mais ça tourne très vite à la confusion, l'ADN devenant un « outil de mesure quantique » et la mécanique quantique expliquant l'origine de la vie. Partant, il est bien normal qu'une machine conçue pendant la Seconde guerre mondiale (qui avait été transporté au début du livre!) utilise la mécanique quantique pour diriger l'évolution du vivant. Ce n'est pas seulement de la science-fiction, c'est un mélange de théories mal comprises. Et quant en outre cette machine a aussi un effet sur les êtres vivants déjà constitués, c'est n'importe quoi. Quant à la Bible de Darwin, elle termine en cendres, ce qui n'est pas bien grave : elle n'avait servi qu'à cacher un message qui lui était tout à fait étranger.

Luc Allemand,

La Recherche

28 juillet 2009

Race sans histoire

Nlog olender L’arrestation le 16 juillet dernier par la police de Cambridge (Etats-Unis), pour une présomption de cambriolage, de l’universitaire Henry Louis Gates Jr., spécialiste mondialement reconnu de la question raciale et des études sur la ségrégation, et titulaire de la chaire d’études africaines-américaines de l’université de Harvard, intervient au moment où les presses de cette dernière publient la traduction, sous le titre Race and Erudition, de l’ouvrage de l’historien des religions Maurice Olender, La Chasse aux évidences. Sur quelques formes de racisme entre mythe et histoire paru initialement aux éditions Galaade en 2005 (393 p., 25 €). Et voici que paraît aussi, pour le public francophone cette fois, une adaptation de la version américaine, cette fois aux éditions du Seuil, en collection de poche « Points » (395 p., 11 €). Et ce volume porte un nom différent de celui de 2005 : Race sans histoire n’est pas, en effet, qu’une simple réédition de celui de 2005. Il se trouve que Maurice Olender avait, pour l’édition américaine, et à la demande de Harvard University Press, rédigé deux grands textes qui figurent en ouverture et en clôture du livre américain. Ces deux contributions figurent dans le volume du Seuil et leur importance explique le titre de cette nouvelle édition française. Du reste, le texte d’ouverture porte ce titre, avec le premier terme entre guillemets, « “Race” sans histoire » qui fait écho bien sûr au célèbre petit volume de 1952 de Claude Lévi-Strauss, Race et histoire.

La perspective de Race sans histoire, qui approfondit encore celle de La Chasse aux évidences, insiste sur un fait capital. L’invention du racialisme, et en conséquence la légitimation savante du racisme, n’ont pu se faire qu’en procédant à l’exclusion de l’histoire du champ scientifique. Comme l’écrit très justement l’auteur, « “la fatalité de la race” neutralise toute dynamique de l’histoire. Le passé, le présent, l’avenir résultent alors d’un dispositif quasi immobile où une certaine de vision de l’instinct a pu s’imposer comme représentation du destin. » Le retour à l’historicité, la volonté d’historicisation, ne sont pas seulement alors une nécessité méthodologique et heuristique, mais un moyen de repousser les idéologies de la tyrannie politique et sociale. Le racisme biologique étant, comme l’a exposé Michel Foucault lors de son cours de l’hiver 1976 au Collège de France, une forme de « contre-histoire », il s’agit bien de restaurer la part de l’histoire. C’est l’enseignement principal de Race sans histoire. Et Henry Louis Gates Jr. est un historien.

Vincent Duclert

27 juillet 2009

Carnac

Blog carnac 2 CNRS Editions publient une étude de quatre archéologues, Gérard Bailloud, Christine Boujot, Serge Cassen et Charles-Tanguy Le Roux sur Carnac. Les premières architectures de pierre (155 p. et ill. hors-textes, 19 €), dans la collection « Patrimoine » *,

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22 juillet 2009

Notre besoin de Rimbaud

Blog rimbaud Simultanément à la parution, en début de cette année, de la « troisième Pléiade » des œuvres complètes d’Arthur Rimbaud, cette fois éditées par André Guyaux, est paru un fort volume rassemblant des essais « d’époques très différentes » d’Yves Bonnefoy, intitulé Notre besoin de Rimbaud (Le Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », 464 p., 21 €).

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21 juillet 2009

Un tueur dans la tête

Blog neuro En 1985, à l'université de Californie, Benjamin Libet et ses collègues faisaient une découverte troublante : ils détectaient dans le cerveau de leurs sujets d'expérience une activité électrique correspondant à des mouvements quelques millisecondes avant que la décision d'agir soit effectivement prise.

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17 juillet 2009

Contre mes seuls ennemis

Blog jarry Les pratiques et les enjeux du travail scientifique peuvent donner matière à une écriture de fiction. Isabelle Jarry en apporte la preuve dans son dernier roman (Contre mes seuls ennemis, Stock, 208 pages, 17 €),

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15 juillet 2009

Une Française au Pôle Nord

Blog rémy Le 27 mai dernier, le blog vous a proposé pour marquer la fin de la quatrième année polaire internationale, un petit tour Au Pôle Sud en bicyclette. Pour que ce petit clin d’œil au romain polaire de la fin du XIXe siècle soit équitable, nous vous proposons maintenant Une Française au Pôle Nord (Pierre Maël, Hachette 1893 pour l’édition originale, réédité aux éditions Maison, 2008, 11,70 €).

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13 juillet 2009

La globalisation. Une sociologie

Blog saskia Saskia Sassen, célèbre sociologue de l’université de Columbia à New York, a pensé la globalisation dans un ouvrage de 2007 publié deux ans plus tard par Eric Vigne dans la collection qu’il dirige aux éditions Gallimard, « NRF Essais » (La globalisation. Une sociologie, traduit par Pierre Guglielmina, 341 p., 23 €).

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08 juillet 2009

Sociologie des arts

Blog péqui Réussir un petit livre de synthèse qui associe un point de vue original sur un objet ou sur une discipline et une information substantielle et accessible au plus grand nombre de lecteurs n'est pas à

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